La scène se
déroule sur une minuscule aire d'autoroute proche de Lens.
Le genre d'endroit où l'on a peu de chances de voir la win
débarquer pensez-vous, et je ne saurais, en mon âme et
conscience, vous donner tort, et pourtant...
Profitant d'une courte pause en ce
lieu convivial et extrèmement fréquenté, je
m'apprêtai, afin d'honorer comme il se doit les coutumes
locales - je ne suis pas un colon des stations service - à
déguster un bon vieux café en gobelet (il
était sous plastique) préparé avec le
dévouement aveugle et l'objectivité rassurante d'un
distributeur automatique. J'insère une pièce, fais
mon choix parmi la myriade de breuvages caféinés que
les dieux Maison du café et Nescafé - entités
bienveillantes et gardiens du non-sommeil de mes nuits comme
chanterait un antécabrel - me proposent, attends plein de
confiance et d'espoir fébrile que la boisson se
prépare, m'en empare enfin et m'en délecte.
Jusque là tout va bien, ce
qui pourrait presque en soi déjà constituer une win,
mais j'imagine déjà vos critiques acerbes,
frustrés de n'avoir pas lu l'épisode suffisamment
romanesque que vous attendiez pour combler la vacuité de vos
existences, pas même reconnaissants du fait que les choses se
passent "normalement" alors qu'en d'autres circonstances on ne
demanderait pas mieux. Enfin, oublions ces huées et
persiflages hypothétiques puisque l'aventure qui nous
concerne présentement ne s'arrête pas là.
En effet, tandis que je
dégustais nonchalamment mon excitant nectar à
proximité du totem moderne qui me l'avait servi, un nouveau
fidèle armé de son obole me succéda pour
implorer sa grâce et ses services. L'effigie robotique se mit
en branle derechef, roula des mécaniques, hoqueta puis...
rien. Sinon ce message sur son écran couleur, tel l'ultime
commandement des tables de la loi : "Arrêt momentané.
Choisir un autre distributeur, merci."
Ainsi j'avais été
choisi, j'étais l'élu - pour une fois - de la win. A
ce rythme, je ne devrais pas tarder à tomber amoureux.
Maxime aka Infuseur
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